Contact : +41 21 546 20 60

Rivière

La Maison de la Rivière, c’est avant tout un cours d’eau.

Le Boiron de Morges est l’un des piliers du projet  de La Maison de la Rivière: laboratoire à ciel ouvert pour la recherche scientifique et espace naturel pour la sensibilisation à l’environnement.

Le Boiron de Morges est un cours d’eau d’environ 15 km s’écoulant du pied du Jura dans le Lac Léman avec un bassin versant de 31.6 km2. Sa source se situe essentiellement au niveau d’anciennes zones marécageuses qui, par un important réseau de drainage datant du début du 20ème siècle, ont été assainies pour favoriser l’agriculture. Plus en aval, le Boiron de Morges traverse une zone agricole très diversifiée de grandes cultures, vignes, vergers et cultures maraîchères.

Quelle est la problématique?

La truite (Salmo trutta) est une espèce fortement menacée au niveau suisse. Elle naît en rivière puis migre dans le lac pour y grandir. Ayant atteint la maturité sexuelle (3-4 ans), les adultes retournent dans les rivières pour se reproduire. Ces migrations sont aujourd’hui fortement compromises, notamment à cause des obstacles construits dans les rivières : barrages hydroélectriques, seuils pour prises d’eau etc. De même, la dégradation de la qualité de l’eau et du substrat de nombreux affluents compromet les chances de réussite de la reproduction naturelle. Pour pallier à ce problème, on a mis sur pied de vastes programmes de repeuplement, basés sur des mises à l’eau de jeunes individus élevés en pisciculture à partir d’œufs prélevés sur des géniteurs sauvages capturés lors de leur migration hivernale. Toutefois, en raison de la dégradation des affluents, ces mises à l’eau ne rencontrent qu’un succès mitigé. Une renaturation de l’habitat permettrait donc de favoriser la reproduction naturelle de l’espèce et, ainsi, de favoriser un développement naturel de la population

 

Lorsque les populations de poissons diminuent dans les lacs et les rivières, deux alternatives s’offrent au gestionnaire. Il peut soit élever des poissons en pisciculture puis les remettre à l’eau en faisant donc du repeuplement, soit comprendre les raisons ayant conduit à cette diminution et résoudre les problèmes, les poissons reviendront alors d’eux-mêmes. Pour ce faire, il faudra donc agir non pas sur les poissons eux-mêmes, mais bien sur leur environnement en faisant donc de larenaturation. En termes de développement durable cette seconde alternative est nettement plus favorable.

Pour en savoir plus

Situation actuelle

Qualité et quantité d'eau

La plupart des rejets ont été éliminés. Les communes se montrent extrêmement sensibles à ces aspects environnementaux et mettent en œuvre des moyens importants afin de trouver des solutions.

Dans le but de solutionner les problèmes chroniques liés aux apports polluants diffus provenant de l’agriculture, une station de lavage et de récupérations des produits phytosanitaires a été installée à Denens (VD) dans le cadre d’un projet piloté par le Service des eaux, sols et assainissement (SESA) de l’Etat de Vaud.

En ce qui concerne la quantité d’eau et le soutien au débit d’étiage, une partie importante des eaux du Boiron de Morges est déviée au niveau du moulin de Lussy dans le bief géré par la Société des eaux d’irrigation de St-Prex. Cette situation est, du point de vue strictement biologique, très problématique car elle induit une situation d’étiage accru en période de sécheresse.

www.youtube.com/watch?v=yiVKAL0g5tk

Synthèse du suivi biologique du Boiron de Morges 1996-2002
Pour plus de détails, téléchargez la partie 1 du rapport de synthèse du suivi biologique du Boiron de Morges 1996-2002.

La lettre du Boiron, no 5, mai 2010


tation de lavage pour véhicules agricoles
Dans le cadre du plan d’assainissement des eaux du Boiron de Morges, mis en place par le Groupe Boiron du Service des eaux, sols et assainissement (SESA) de l’Etat de Vaud, une station de lavage pour véhicules agricoles a été installée à Denens, permettant ainsi aux agriculteurs de nettoyer leurs véhicules des résidus phytosanitaires qui s’y seraient déposés lors des traitements. Cette installation fait partie des nombreuses mesures mises en place dans le cadre d’un projet pilote développé par le SESA et la Confédération.

Pour en savoir plus, visitez les pages du site de l’Etat de Vaud consacrées à ce sujet.

vidéo

La lettre du Boiron – numéro 5 – Mai 2010
PDF – 885 Ko

Obstacles à la migration

La chute de la route suisse constituait un obstacle quasiment infranchissable, empêchant les truites de passer sous le pont et d’atteindre les sites favorables situés en amont. Au printemps 1997, grâce aux financements assurés par le SESA, la Confédération et la Fondation Ernest Dubois, une passe à poissons constituée d’un ensemble de 5 chutes d’une hauteur maximale de 40 cm en aval de la chute existante a été créée.

Par la suite, deux autres ouvrages ont été réalisés sous le tunnel CFF et à la station d’épuration des eaux (STEP) de Lully. Le franchissement du dernier obstacle, à la hauteur du moulin de Lussy, est en cours d’étude et devrait être réalisé prochainement.

Synthèse du suivi biologique du Boiron de Morges 1996-2002
Pour plus de détails, téléchargez la partie 1 du rapport de synthèse du suivi biologique du Boiron de Morges 1996-2002.

Milieux annexes

De manière générale, les berges du Boiron de Morges sont encore très naturelles. Toutefois, près de la STEP de Lully, de grands travaux ont été entrepris visant à agrandir le pont de l’autoroute sur la rivière. A l’issue des travaux, la parcelle touchée par le chantier a été remise en état et le projet a consisté en la création d’une zone alluviale directement en bordure de la rivière. De plus, le long de l’étang actuel en aval de la STEP de Lully, des mares temporaires ont également été construites. Ces mares permettent aujourd’hui d’abriter diverses espèces d’amphibiens (grenouilles, tritons, crapauds) dont certaines étaient déjà présentes sur le site.

Synthèse du suivi biologique du Boiron de Morges 1996-2002
Pour plus de détails, téléchargez la partie 3 du rapport de synthèse du suivi biologique du Boiron de Morges 1996-2002.

Sensibilisation du public

La réussite à long terme de la revalorisation d’une rivière réside avant toute chose dans la bonne volonté du public et des usagers. Cette bonne volonté dépend de la compréhension de la problématique en question par une large part de la population.

Pour renseigner le public sur la nature, dans la nature, l’ATL a créé en 2000 Le Sentier de la Truite, sentier didactique le long du Boiron de Morges. Axé sur le thème central des problèmes que rencontrent les poissons pour se reproduire et se maintenir dans une rivière, c’est également tout l’écosystème autour de la rivière et du lac que l’on peut découvrir au cours de la balade.

Bien évidemment, La Maison de la Rivière contribue avec différentes activités à la sensibilisation à l’environnement et, plus particulièrement concernant le Boiron de Morges, le public peut voir de ses propres yeux l’intérieur de la rivière et suivre un parcours didactique sur le thème des aménagements fluviaux.

Généralités

Les truites, ainsi que d’autres poissons du Lac Léman, sont des espèces migratrices vivant à l’âge adulte dans le lac, mais remontant dans les rivières pour se reproduire une fois atteinte la maturité sexuelle. Les jeunes resteront ensuite généralement un à deux ans en rivière avant de descendre à leur tour dans le lac. Pour assurer un cycle de vie naturel des poissons, il est donc indispensable que les animaux puissent atteindre à la fois le lac et les rivières, donc que les voies de migration entre ces deux milieux soient libres.

De son embouchure sur le Lac Léman à sa source, le Boiron de Morges présentait, en 1996, 5 obstacles majeurs à la libre migration des poissons.

Vidéo

Route suisse

La première action de renaturation a donc consisté à rendre franchissable le premier obstacle au niveau de la Route suisse 390 m à l’amont de l’embouchure.

Après deux mois de travaux, la première passe à poissons sur le Boiron de Morges était inaugurée le 16 juin 1997. Elle avait été conçue par le Service des eaux, sols et assainissement (SESA) de l’Etat de Vaud et mise en œuvre par la Commune de Morges.

L’ouvrage a été conçu comme une passe à seuils successifs. Elle est constituée de conq seuils en bois, placés en travers de la rivière et permettant de franchir une hauteur de chute totale de 3 m.

Descriptif des travaux de construction de la passe à poissons de la Route suisse
PDF – 703 Ko

Pont Cff

Le passage du tunnel sous la voie CFF, situé à 890 m de l’embouchure, constituait le second obstacle difficilement franchissable pour les poissons migrant du Léman vers les sites de fraie plus en amont. Le radier en béton et le fort courant agissait comme un tapis courant contre lequel les poissons avaient du mal à lutter.

Le principe de construction est celui d’une passe à ralentisseurs. Plusieurs pièces de bois ont été ancrées en quinconces sur le radier pour créer des turbulences et des zones d’eau calme dans lesquelles les poissons pouvaient se reposer lors du franchissement de l’ouvrage. Les travaux ont été effectués en octobre 2002 sous la responsabilité de la Commune de Tolochenaz.

Step de Lully

Grâce aux travaux de réfection du pont de l’autoroute enjambant le Boiron de Morges, la passe à poissons à la hauteur de la STEP de Lully a pu être réalisée à titre de mesures de compensations écologiques. L’obstacle se situait à 1570 m de l’embouchure et était constitué d’un plan fortement incliné totalement infranchissable.

Le principe a été de construire un nouveau lit sur l’ouvrage existant en ancrant des blocs de pierre dans du béton pour constituer une rampe formant une succession de cascades. Pour éviter une diminution du gabarit d’écoulement, le pont de la petite route communale enjambant le Boiron de Morges a été surélevé. Les travaux ont été effectués en février 2004 sous la responsabilité de la Commune de Lully.

Moulin de Lussy

Aujourd’hui, le dernier obstacle majeur sur le Boiron de Morges se situe à la hauteur du Moulin de Lussy à 5110 m de l’embouchure. Une fois son aménagement effectué, c’est l’entier du parcours de la rivière qui sera à nouveau offert à la libre migration des truites.

Actuellement, les études sont en cours sous la responsabilité de la Commune de Lussy et du SESA. La réalisation de la passe sous la forme d’une rivière latérale de contournement devrait intervenir pour la fin 2011.

Redonnons libre-cours à nos rivières !

Films réalisés par l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse.

You are donating to : Association des Amis de La Maison de la Rivière

How much would you like to donate?
10CHF 20CHF 30CHF
Would you like to make regular donations? I would like to make donation(s)
How many times would you like this to recur? (including this payment) *
Name *
Last Name *
Email *
Phone
Address
Additional Note
Loading...